Coloration végétale : comment ça marche ?

La coloration végétale répond à une demande croissante pour des cosmétiques plus naturels et surtout moins agressifs. Une alternative simple et riche en bienfaits pour sublimer comme protéger ses cheveux.

Une approche ancestrale de la beauté
Depuis la nuit des temps, l’Homme a recours aux plantes pour l’aider dans son quotidien et cela inclut également l’esthétique. Certaines variétés de plantes ont toujours possédé des pigments qui permettent d’obtenir des colorations, couleurs et peintures destinées à différents usages cosmétiques et textiles. Diverses parties de celles-ci peuvent ainsi être utilisées pour créer une coloration pigmentée : racines, feuilles, baies, pétales ou encore le pistil. Elles sont séchées au soleil puis réduites en fine poudre au moyen d’un broyage. Par la suite, elles peuvent être assemblée à de l’eau chaude, des huiles et les composants de notre choix au gré des besoins.

« Dans le cas de la coloration végétale, c’est le henné, un extrait végétal, qui est utilisé comme base pour fournir une couleur adaptée. C’est le seul capable d’accrocher le cheveu et tenir dans le temps, auquel on va rajouter ensuite d’autres teintes tinctoriales pour créer non pas seulement une pigmentation mais une vraie coloration qui répond à toutes les envies », explique Nicolas Liorel, fondateur du salon “L’Atelier des Rendez-Vous”. Obtenu à partir des feuilles d’une plante odoriférante provenant principalement d’Afrique du Nord et du sous-continent Indien, il est également renommé dans l’art du tatouage ornemental en Afrique du Nord et en Asie du Sud-Ouest.

« A terme, on obtient donc un cuir chevelu assaini et une réduction de la chute de cheveux »

A partir du 20ème siècle, les colorations chimiques ont pris le pas sur les alternatives naturelles, séduisant le public par leur aspect pratique comme polyvalent. Il faut distinguer la coloration ton-sur-ton, qui agit en surface sans pénétrer dans la fibre capillaire pour un rendu éphémère, de la coloration permanente, qui fonctionne par oxydation à l’intérieur du cortex. Outre l’agressivité de ces deux types de traitements sur nos cheveux fragiles, ceux-ci contiennent des substances hautement toxiques et listées par la Commission Européenne : du quaternium-15, potentiellement cancérigène, des APEs, qui sont des perturbateurs endocriniens, et les PPD qui sont reconnus irritants pour la peau et les voies respiratoires mais encore du resorcinol, autre perturbateur endocrinien ou l’ammoniaque. A ces composés de base s’ajoutent bien souvent une multitude d’autres ingrédients chimiques comme les silicones pour améliorer l’aspect visuel des cheveux, non sans impact sur leur santé et leur résistance.

Le naturel pour sublimer et protéger les cheveux
Si la variété de teintes qu’on peut obtenir avec des produits naturels est désormais largement développée, il n’est pas possible d’éclaircir les cheveux au moyen d’une coloration végétale. Cette méthode a donc certaines limites mais elle n’en reste pas moins attrayante et riches en vertus, avec un nuancier toujours plus large. Comme expliqué plus haut, une coloration classique pénètre dans le cheveu et altère sa qualité tandis qu’une coloration végétale enveloppe la fibre capillaire avec un effet gainant. Une propriété qui permet de limiter les effets de la pollution et des agression extérieures mais Nicolas Liorel souligne également un effet à long terme : « Cette gaine du cheveux va contribuer à refermer les écailles des cheveux. Plus les écailles sont fermées, plus la réflexion de la lumière est intense donc on va déjà retrouver une chevelure éclatante. Plus on va entretenir la coloration, plus on va densifier le cheveu depuis la racine ce qui va le renforcer mais aussi lui permettre de regraisser moins vite. A terme, on obtient donc un cuir chevelu assaini et une réduction de la chute de cheveux. »

Les pigments fusionnent avec la base, offrant un résultat fondu et nettement plus naturel qu’une version chimique mais aussi beaucoup plus de brillance. La couvrance des cheveux blanc est également plus soutenue, sans effet racine. Quelques soins préalables sont toutefois nécessaires pour préparer le cheveu et éventuellement ôter les résidus chimiques de traitements précédents. « Il faut être très prudent sur la première application. En première étape, on va effectuer une détox au moyen d’un cataplasme sur chaque cheveu, réalisé à partir d’argile verte et de plusieurs huiles essentielles. Le côté astringent de l’argile vert va servir d’éponge et de purifiant pour absorber tous les résidus chimiques sur le cheveu », souligne Nicolas Liorel. Par la suite, le henné est mélangé aux pigments désirés et posera pendant 25 minutes à une heure selon le type de teinte désiré.

Plus le temps de pose est long, plus le rendu sera foncé et flamboyant avec des reflets intenses. Par la suite, il faut attendre de 24 à 72 heures que la coloration agisse avant d’effectuer le premier shampoing, de préférence avec un produit doux certifié biologique. Sachant qu’une véritable coloration végétale est dépourvue dans sa composition de tout ingrédient chimique, elle est non seulement faiblement allergisante mais peut également convenir aux femmes enceintes et aux personnes en cours de chimiothérapie.

Par Sophie Vande Kerkhove

Notre spécialiste :
Nicolas Liorel, fondateur du salon « L’Atelier des Rendez-vous », spécialisé en colorations végétales

Source :
« Slow cosmétique pour toute la famille : le guide de référence », Julien Kaibeck, 2017, Editions Leduc.s

© Frédéric Bisson – Flickr

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