Des tomates à rugir de plaisir

Dans la microferme de la mare des Rufaux, en Normandie, Linda et Édouard Bedouet, deux amoureux de la nature, cultivent plus de 100 espèces végétales dont 75 variétés de tomates anciennes en maraîchage biologique et inspiré de la permaculture.

À 30 ans, j’ai eu une crise. J’avais une bonne situation mais j’étais tracassée par toutes les informations que je recevais sur l’environnement, la planète, les animaux et les guerres. Je me disais que je pouvais agir ! Alors, j’ai repris des études en management durable. Dans le même temps, je me suis inscrite à l’Amap (Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne) du Bec-Hellouin (Eure) où j’ai rencontré des paysans pas comme les autres. Ils me parlaient d’agroécologie et de permaculture. Pour moi, ces discussions ouvraient le champ des possibles. J’avais envie de faire avec mes propres mains ! J’ai effectué plusieurs stages dont un auprès du mouvement écologique des Colibris créé par Pierre Rabhi, à Paris. J’ai intégré une formation à l’école de permaculture du Bec-Hellouin. J’y ai rencontré Édouard. Ses parents avaient des terres. Ensemble, nous avons alors décidé de créer notre microferme. On est partis de zéro. Nous étions la seule ferme bio à 20 kilomètres à la ronde. Lorsqu’on a créé notre Amap, les gens pensaient que c’était une secte ! On partait de loin…

En 2011, on a d’abord planté le verger, soit 300 arbres fruitiers sur 2 hectares, surtout des pommiers. C’était la première chose à faire pour enraciner le sol : l’arbre aide à stocker l’eau et à fertiliser. La terre était très détériorée par des années de culture intensive d’un céréalier conventionnel. Puis on a débuté le maraîchage très diversifié sur une petite surface… Pour optimiser l’espace, nous cultivons entre les arbres et entre les rangées : c’est l’agroforesterie. Nous recréons un écosystème et installons des ruches, des nichoirs, des perchoirs… La recette pour faire revenir la biodiversité ?
Le gîte et le couvert pour tous ! Nous nourrissons les oiseaux, installons des tas de fagots, laissons des zones enherbées sauvages pour que les hérissons et les petits mammifères puissent se cacher. […]

Par Linda Bedouet,
Maraîchère bio dans l’Eure

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