S’ouvrir au monde

Au Mexique le trésor est dans les herbes

Dans les villages les plus reculés, à Oaxaca ou au Guerrero, les guérisseurs et les sages-femmes mexicains, issus des Mayas, Mixtèques, Nahuas, Otomis ou Zapotèques transmettent leur savoir ancestral en matière d’herboristerie. Un patrimoine vivant qu’un médecin chercheur a entrepris de sauver.

Chaque mois, Paul Hersch troque son stéthoscope pour son bloc-notes d’ethnologue. Le docteur se rend  dans des villages reculés du Mexique à la découverte des secrets médicinaux des Amérindiens. « Leurs savoirs millénaires ont été délaissés par la médecine conventionnelle », déplore le praticien généraliste qui ne ressemble pas à un chaman, avec son regard clair et sa moustache fournie. Accompagné par deux médecins, un anthropologue, un biologiste et deux agronomes, ce Mexicain affable vient de passer une dizaine de jours dans la communauté de San Luis Acatlán, où vivent des ethnies Nahuas, Na Savi et Me’Phaa, au fin fond de l’État de Guerrero. « Nous avons rencontré les guérisseurs et les sages-femmes mais aussi les mères de familles qui utilisent au quotidien l’herboristerie de leurs ancêtres. » Pour découvrir ces trésors végétaux, le médecin anthropologue instaure d’abord une relation de confiance avec les communautés visitées dans les États de Guerrero, Puebla et Oaxaca. « En accord avec les Amérindiens, nous créons des commissions de santé, basée sur un principe de réciprocité, propice à un partage mutuel de connaissances. Ils nous transmettent leurs savoirs.  En retour, nous les aidons à améliorer leur hygiène de vie, à fabriquer des teintures ou des huiles essentielles, à respecter la biodiversité et à préserver leur culture. »

Les peuples indigènes ont une autre vision de la maladie et du monde. « La médecine conventionnelle traite l’organe malade alors que les médecines amérindiennes abordent l’individu dans sa globalité, poursuit-il. Les guérisseurs intègrent dans leur diagnostic et leur thérapie les dimensions affectives et émotionnelles du patient. Les plantes servent ensuite à rééquilibrer son corps et son esprit pour permettre à son organisme de s’autoréguler. » […]

Avec le professeur Paul Hersch
Médecin Anthropologue

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