Le bon tempo


Dormir tout son soûl sans planning imposé, manger lorsqu’on a vraiment faim, suivre les rêveries de son esprit en s’émancipant de sa messagerie, marcher ou nager au gré de ses envies…
L’été vous aura laissé, je le souhaite, la douce impression d’avoir retrouvé une forme de synchronicité avec vous-même.
La rentrée, avec ses horaires imposés, sonne en quelque sorte la fin de la récréation. « On ne possède rien, jamais, qu’un peu de temps », écrit le poète breton Guillevic. C’est ce temps intérieur, si précieux, dont Sens & Santé vous invite à prendre soin.

Une science montante ces dix dernières années, la chronobiologie, se préoccupe justement de mieux comprendre comment notre horloge interne se régule, suivant le ballet de nos hormones et les besoins de nos organes. Afin de cerner la meilleure heure pour dormir, s’éveiller, manger, créer, s’activer… et rester en pleine santé physique et psychique. Les croisements avec la psychologie nous permettent même d’identifier précisément à quel « chronotype » nous appartenons. Si nous sommes des « lions lève-tôt », des « loups noctambules » ou des « ours adaptables ».

Mais faut-il vraiment s’adapter à tout ? Déjà déconnectés des cycles du soleil depuis que la fée électricité a prolongé nos journées, voici que nous sommes contraints désormais à être au top… jour et nuit par l’omniprésence de la lumière bleue de nos écrans. La désynchronisation de nos rythmes biologiques serait la première cause de dépression, nous alertent les psys. Alors comment concilier nos tempos personnels avec les impératifs de la vie en société, des rythmes en famille et les exigences du travail qui cadencent nos journées ? C’est la question d’aujourd’hui.

Faire de sa santé une priorité, ce n’est pas s’extraire des contraintes et des interactions avec les autres car ce sont elles… qui font de nous des humains ! Mais c’est savoir, dans le flux quotidien, discerner la petite musique intérieure de nos besoins, écouter par exemple le désir de sommeil quand il vient, la satiété de l’estomac quand elle se fait sentir, la nécessité de se mettre sur pause intérieure quand notre cerveau sature… Autant de conditions pour traverser l’automne en gardant l’œil frais et le moral au beau fixe. Vivre en bonne cohabitation avec soi-même et avec ceux que l’on aime !

Elisabeth Marshall
Rédactrice en chef

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