Une médecine du mode de vie

Le médecin du futur ne prescrira pas de médicaments, déclarait en 1903 l’inventeur pionnier Thomas Edison. Il poussera plutôt ses patients à s’intéresser à leur alimentation, à la cause des maladies et à leur prévention. » La prédiction (citée par le docteur Michael Greger dans son dernier livre) est loin de s’être réalisée. Et pourtant, des milliers d’études (de 6 000 à 7 000 selon le site NutritionFacts.org) viennent chaque année confirmer qu’en modifiant son alimentation, en s’activant 30 minutes chaque jour et en veillant sur son état émotionnel, on peut aujourd’hui prévenir, retarder, voire renverser le cours de nombreuses pathologies chroniques. Hypertension, dépression, maladies cardiaques ne seraient pas inéluctables…

Le remède est à la fois simple et révolutionnaire. Simple parce qu’il dépend de nous, du temps que nous voudrons bien nous accorder pour recomposer nos assiettes, nos journées, nos rythmes de vie. Et pas seulement pour nos petits bienfaits personnels. En veillant sur notre corps et notre esprit, nous participons à l’effort collectif et sociétal pour initier et expérimenter une nouvelle « médecine du mode de vie ». Moins coûteuse, plus accessible à tous et pédagogique, elle est devenue un nécessaire complément à nos technologies, chirurgies et recherches moléculaires de pointe. Elle promeut et inaugure une santé de partenaires : plus à l’écoute du patient, plus en phase avec les rythmes et le respect durable de la nature.

La prise de conscience n’en reste pas moins révolutionnaire car elle touche aussi au sens de la vie. Se nourrir d’aliments non transformés, « en n’enlevant rien de bon mais en n’ajoutant rien de mauvais », (comme le préconise le Dr Greger, qui collecte depuis dix ans toutes les recherches sur la question), faire ses trajets quotidiens à pied, se relier à la nature et à la lumière, c’est aussi faire des choix en conscience. C’est toucher à la cohérence et à l’équilibre que nous voulons donner à notre quotidien. Il ne s’agit plus seulement de faire la chasse au stress ni de chercher le bonheur et la santé à tout prix. Mais de préserver et de nourrir ce qui est porteur de vie : relations positives, capacités de résilience, raisons d’être, ouverture au monde et pourquoi pas à l’intériorité. Cultiver tout ce qui soigne le corps et l’esprit.

Elisabeth Marshall
Rédactrice en chef

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