Connexions

A chaque nouvelle expérience, notre cerveau se modifie. Par le son, la lumière, le mouvement, la visualisation, des patients ont retrouvé la marche, la vue, l’autonomie. Un psychiatre canadien a recueilli leurs histoires extraordinaires…

Le cerveau n’est pas un ordinateur : il a la capacité de se transformer par lui-même. Dans son premier livre, classé en tête des ventes au Canada, le psychiatre canadien Norman Doidge dévoilait au grand public la plasticité de notre cerveau. Pour son dernier ouvrage, celui-ci est parti à la rencontre des équipes médicales qui utilisent cette faculté étonnante – en ayant notamment recours aux sons, aux mouvements et à la lumière – pour soigner, voire guérir certaines pathologies qu’on croyait incurables telles que les dommages causés par certains AVC ou des cas d’autisme.

Comment le cerveau peut-il se soigner lui-même ?

Norman Doidge Grâce à sa neuroplasticité qui lui permet de changer sa structure et son fonctionnement en réponse à l’activité et à l’expérience mentales. Chaque être humain dispose de cette capacité. Il ne s’agit pas d’une des facultés du cerveau, c’est son mode de fonctionnement, son modus operandi ! À chaque fois que nous acquérons une compétence, qu’une pensée inédite nous traverse, que nous vivons une nouvelle expérience sensorielle, nous modifions des connexions dans notre cerveau. Cela veut dire que nos propres pensées modifient notre cerveau. Or cette capacité à créer et à recréer sans cesse des connexions neuronales est à la source d’une nouvelle forme de guérison. Pendant huit ans, pour mon livre, je suis allé à la rencontre de patients suivant des thérapies innovantes fondées sur la neuroplasticité. J’en ai rencontré presque cent que j’ai suivis sur plusieurs années pour voir leurs progrès. La plupart de ces thérapies utilisent l’énergie, sous forme de lumière, de sons, de vibrations, d’électricité ou de mouvements pour éveiller cette capacité d’autoguérison du cerveau. Étonnamment, nombre de patients à qui on avait dit qu’ils n’iraient jamais mieux ont vu leur état s’améliorer grandement avec ces approches, à tel point qu’on a pu penser qu’il s’agissait de miracle. […]

Par le Docteur Norman Doidge,
Psychiatre, chercheur à l’université Columbia
à New York et à l’université de Toronto

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