La beauté des restes

En décidant de manger l’intégralité des produits (bio) qu’elle achetait, épluchures comprises, Marie a changé son mode de vie, et les menus de la table familiale se sont étoffés, gagnant en saveur et en éléments nutritifs.

Nos grands-parents n’épluchaient pas autant les légumes et les fruits, car il n’y avait pas de pesticides sur les produits…
Aujourd’hui, à l’heure où l’agriculture bio renaît, il est bon de rappeler que tout peut avoir une utilité, qu’on peut manger la peau ou alors la conserver pour l’utiliser de multiples façons. Boycotter les grandes surfaces et soutenir les producteurs locaux, privilégier les produits bio, locaux et de saison, éviter les produits transformés… tels sont les grands principes d’une consommation responsable et écologique. C’est à partir de ces bonnes pratiques au quotidien que j’ai eu envie d’aller plus loin : en voyageant et en rencontrant des anciens qui m’ont confié leurs habitudes et savoir-faire culinaires. Je me souviens de cette femme dans les Landes (la voisine d’une amie), qui me racontait qu’elle cirait ses chaussures avec l’intérieur d’une peau de banane. C’est un raviveur de cuir extraordinaire et une astuce bien connue apparemment à la campagne, aussi écologique qu’économique. En testant ces recettes moi-même dans ma cuisine tous les jours, j’ai découvert tout un panel de possibilités avec les épluchures. Elles ont bonifié ma cuisine, ravi les papilles de la famille et satisfait ma bonne conscience. Ce sont souvent les cuisiniers professionnels qui détiennent ce savoir, ces astuces magiques… Je voulais vulgariser ces techniques et les destiner aux particuliers.

Un menu entier anti-gaspi

Consommer l’intégralité d’un produit est une démarche zéro déchet. D’ailleurs, l’utilisation des épluchures évite l’achat d’autres ingrédients – au lieu de prendre des écorces de citron confites en sachet, gardez vos zestes dans un bocal en verre, par exemple. Même chose si l’on conserve les graines
et noyaux pour en faire des semis dans son potager.
Il est d’ailleurs possible d’élaborer un menu entier anti-gaspi : chips de peaux de légumes et graines de courges croquantes en apéritif, betterave chair cuisinée avec sa tige confite aux abricots, crumble aux peaux de banane ou aux amandes concassées avec salade de kiwis entiers (la peau se mange facilement quand elle est mouillée), gâteau à la courgette… Un vrai délice. Alors, comment s’y mettre ? Pas à pas, d’abord, avec les fruits et légumes que vous avez aujourd’hui dans votre cuisine. C’est un mode de vie qui pousse à la créativité, c’est même jubilatoire ! D’autant que je gagne du temps, contrairement aux idées reçues.
Pour garder l’envie du fait maison, soyons d’abord conscients que les repas sont primordiaux pour la bonne santé de la famille ; faites-en un moment ludique, éducatif et de partage (j’adore cuisiner avec mes amis, chez eux ou chez moi, j’apprends de nouveaux tours de main). Vous verrez combien
il est gratifiant de créer un sirop d’écorces d’ananas, au goût incomparable ou un chutney de pelures de carottes. Les épluchures amènent un champ des possibles en termes de saveurs, et une grande ouverture d’esprit. Mais c’est avant tout un retour au bon sens. Enfin, en mettant en bocaux certaines recettes que vous allez créer (voir magazine), vous aborderez une nouvelle étape du « manger écolo et sans déchets ». Celle de vous constituer un véritable garde-manger sain, savoureux et unique. […]

Par Marie Cochard,
aventurière éco-convaincue

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